La vendange nocturne chez Champagne Pernet & Pernet : une initiative innovante face à la chaleur

Une réponse audacieuse
aux défis climatiques

La tragédie des quatre vendangeurs décédés en Champagne attire l’attention des médias. Bien qu’aucun lien direct n’ait encore été établi, la récente vague de chaleur semble avoir joué un rôle prépondérant. Face à ces conditions difficiles, le vigneron Léo Allais-Pernet, établi sur la Côte des Blancs, a pris une décision audacieuse pour préserver ses saisonniers et améliorer la qualité de ses vins : débuter la cueillette de nuit.

La maison de champagne Pernet & Pernet, qui s’apprête à dévoiler ses premières cuvées certifiées biologiques, exploite 9 hectares à Vertus, Bergères-sur-Vertus, Ambonnay, Bouzy et Tauxières. En anticipant les fortes chaleurs pendant les vendanges, Léo Allais-Pernet envisageait cette approche depuis plusieurs années. « J’aurais aimé le faire en 2022, mais c’était plus compliqué. Cette année, ça s’est fait naturellement. Dès le premier jour, j’ai réalisé à quel point les conditions étaient difficiles pour les vignerons. C’est pourquoi, dès le deuxième jour, nous avons commencé à cueillir à 4 heures du matin. Cela s’est avéré être une excellente décision, car les pompiers étaient déjà présents à gauche et à droite. Le troisième jour, nous avons débuté encore plus tôt, à 2h30, pour terminer à 13h, pendant six jours, jusqu’à l’arrivée de la pluie qui a rafraîchi l’atmosphère. »

L’équipe de saisonniers fidèles depuis trois ans a trouvé dans cette expérience nocturne une atmosphère unique.

Malgré la visite surprise des gendarmes, intrigués par ces cueilleurs de nuit qu’ils ont pris pour des voleurs de raisin, les vendangeurs étaient ravis de travailler à des températures fraîches, évitant les 35 degrés en pleine journée.

Le succès de cette approche dépasse les attentes de Léo, qui pensait que la logistique serait plus compliquée. « Nous avons simplement dû nous équiper de gros projecteurs pour manipuler les caisses. Mais, logistiquement, je pensais que ce serait plus complexe. » En plus de protéger la santé des travailleurs, cette méthode préserve également la qualité du raisin. « En cueillant le jour, j’ai des collègues qui n’arrivaient même pas à refroidir leur cuve tellement le raisin arrivait chaud, avec des jus à 25 degrés, quand les nôtres étaient à 15. »

Cette approche écologique s’inscrit également dans une démarche énergétique durable dans les cuveries. Léo souligne l’impact positif que cela pourrait avoir sur leurs vins. Enfin, pour Léo Allais-Pernet, anticiper le changement climatique va au-delà de l’adaptation des vendanges. Il a acquis le château Saint Clair à Étretat en Normandie, où il a planté du pinot noir et du chardonnay. L’année prochaine marquera la première vinification de ces vignes, dans un cadre dédié à l’œnotourisme.